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Tuesday, October 21, 2008

Ces lendemains de veille que l'on regrette

Capsule rédigée pour l'Agence Science Presse

Une nouvelle qui réconfortera peut-être les “victimes” de lendemains de veille : la science se penche sur la question! Une équipe de l'université de Bristol a étudié la croyance qui veut que l'alcool diminue nos critères de beauté. La rumeur s'est vue cette fois confirmée. Non seulement un verre de trop “améliore” l'opinion sur les charmes d'une personne du sexe opposé, mais de plus, cet effet se prolonge jusqu'à 24 heures après une beuverie... uniquement chez les hommes. Les chercheurs avancent comme explication que du point de vue de l'évolution il est moins risqué pour les hommes que pour les femmes de revoir leurs critères de sélection à plus long terme.

Mauvais mari jusque dans les gènes

Capsule rédigée pour l'Agence Science Presse

Non seulement pouvez-vous hériter du visage de votre père, mais une découverte en génétique indique que vous pourriez aussi hériter de son mariage. Une équipe internationale de généticiens a pour la première fois associé un gène aux relations de couple. D'après leurs observations, les hommes porteurs d'une modification de ce gène présentent plus de difficultés de couple. Celui-ci, contrôlant dans le cerveau la distribution d'une molécule, la vasopressine, pourrait influencer de façon générale les relations interpersonnelles. En effet, il avait déjà été associé à des cas d'autisme lors d'une étude précédente. Une influenc similaire du gène de la vasopressine avait attiré l'attention chez les campagnols : une population polygame des petits mammifère étaient porteuses d'une gène modifié par rappor aux campagnols fidèles à un seul partenaire.

Wednesday, October 1, 2008

Le véritable « robot culinaire »

Capsule pré-éditée rédigée pour l'Agence Science Presse

Paisiblement, vous vous réveillez à l’odeur du café et des œufs au bacon préparés à la cuisine par votre robot domestique. « Ce genre de robot est impossible aujourd’hui » affirment la plupart des spécialistes? Pas avec la solution originale de l’équipe munichoise de Michael Beetz. Ils proposent de transformer la cuisine entière en un système informatique. Chaque armoire, chaque pot, chaque ingrédient, est équipé d’un émetteur radio que détecte un ordinateur central, le cerveau de la cuisine. Celui-ci place son inventaire dans une carte 3D virtuelle de la cuisine. En communication constante avec l’ordinateur, évolue dans la cuisine le robot lui-même, avec ses bras préhensibles, ses senseurs infrarouges pour la navigation et sa radio pour communiquer avec l’ordinateur. Reste maintenant pour les cybernéticiens à rendre leur robot assez précis pour être un bon marmiton…

Un réfrigérateur à cristaux liquides

Capsule pré-éditée rédigée pour l'Agence Science Presse

Pour construire des réfrigérateurs « pollution zéro », des chercheurs de l’université d’État de Pennsylvanie proposent une solution radicale : remplacer les gaz réfrigérants par un bloc de polymère. Normalement, un réfrigérateur utilise un gaz (fréon ou HFC) qui absorbe la chaleur lorsqu’il est compressé puis relâché. L’équipe cherche à recréer cet effet avec des cristaux liquides, un type de polymères. Lorsqu’on y fait passer un courant électrique, ils peuvent absorber la chaleur. L’électricité, oriente les molécules de cristal liquide comme de petits aimants, puis les laisse se relâcher. Dans le processus, ceux-ci absorbent la chaleur de ce qui les entoure. On peut ainsi imaginer un réfrigérateur sans gaz, ni danger pour la couche d’ozone. Si le matériel existe en laboratoire, reste maintenant à en tirer parti dans un appareil réel…

Organique : pourquoi des prix plus élevés?

Version pré-éditée d'un article rédigé pour l'Agence Science Presse
Le débat sur les avantages des aliments organiques refait surface! Des chercheurs de l’Université de Copenhague ont récemment démontré que des aliments organiques secs ne comportent pas plus de nutriments que ceux cultivés en présence de fertilisants et de pesticides.

Selon Susanne Bügel et son équipe, plutôt que la méthode de culture, ce sont l’ensoleillement, les précipitations et le sol qui influencent le plus la quantité de nutriments dans ces aliments. Les chercheurs ont aussi observée que même leur assimilation par les animaux n’est pas supérieure à celle des aliments « traditionnels ».

Organique et traditionnel arrivent donc nez à nez sur l’aspect nutritif; pourtant, les premiers sont vendus plus cher dans les étals. Les chercheurs ne manquent pas de souligner que plusieurs consommateurs acceptent ces prix croyant que ces aliments sont meilleurs pour la santé.

« Les gens associent “organique” avec “meilleur pour la santé” », confirme la diététicienne Nathalie Jobin, directrice des affaires scientifiques pour le site Extenso, un portail d’information consacré à l’actualité scientifique en nutrition. Elle propose que cette perception pourrait provenir du fait que les commerces leur réservent souvent une section à part.

Cependant, le marketing n’est pas la seule cause des prix plus élevés attachés à l’étiquette organique : « ce type de culture comportent des risques qui se reflèteront sur leur prix », souligne Nathalie Jobin. En effet, l’ariculture organique est plus sensible aux caprices de la nature et produit souvent de moins bons rendements.

Le choix des consommateurs pour les produits d’appellation organique n’est pas seulement motivé par un souci de santé personnelle, souligne de plus la nutritionniste. Les aliments organiques sont souvent vus comme meilleurs pour l’environnement. Le hic : les produits organiques peuvent aussi être suremballés ou provenir de l’étranger, produisant ainsi des déchets et des émissions de gaz à effet de serre.

Comme la valeur nutritive des aliments varie énormément selon l’année, les conditions de production et la provenance des aliments, il sera ardu de clarifier les bénéfices et les défauts de l’agriculture organique. D’ici là, pour prendre soin de sa santé, conseille Nathalie Jobin, « il est plus important de s’assurer de consommer des portions suffisantes de fruits et de légumes chaque jour, peu importe leur mode de culture ».

Friday, August 15, 2008

Une machine à goûter le vin

Version avant édition d'un article rédigé pour l'Agence Science Presse

Pour bien goûter, rien ne vaut une langue… électronique… C’est du moins l’opinion de Cecilia Jiménez-Jorquera, qui a conçu une machine capable de détecter un cépage et d’identifier un millésime. L’appareil est fait d’une série de senseurs contre lesquels s’écoulent du vin ou du jus de raisin. Faits de polymères et de verre, ces senseurs mesurent simultanément la concentration de 10 ions et métaux dans un liquide en plus de son pH.

Cette « langue électronique » transmet ces informations à un ordinateur qui calcule l’empreinte chimique du vin. La machine peut aussi servir à analyser la provenance des raisins dans un jus. Dans le cas du vin, le système identifie non seulement le ou les cépages qui le composent, mais aussi son année de fabrication.

Le prototype renferme de grandes promesses pour l’industrie vinicole. Prévoir la qualité d’un vin est non seulement un art, mais aussi une science complexe. Un batterie de tests est utilisée pour mesurer les caractéristiques des raisins et de leur jus pour élaborer un vin de qualité. Avec une langue électronique, tout est mesuré en quelques minutes, par un appareil qui tient dans le creux de la main.

De plus, la capacité de l’appareil à identifier l’année de confection du vin permettra de déjouer les faussaires, de plus en plus présents dans le monde des vins de renom. Déjà, les chercheurs se promettent d’améliorer leur système en y ajoutant de nouveaux senseurs qui détecteront des molécules organique précises; les acides malique ou gluconique par exemple.

La génétique résout une énigme africaine

Version avant édition d'un article pour l'Agence Science Presse

Des généticiens se sont fait détectives pour lever le voile sur une tranche du passé de l’Afrique. En suivant la trace de deux gènes, des chercheurs de l’université Stanford ont trouvé les preuves d’une migration qui a porté avec elle dans le sud de l’Afrique les techniques de l’agriculture.

Les généticiens ont suivi chez des populations africaines les marqueurs particuliers de deux gènes du chromosome Y. Celui-ci est un candidat idéal pour observer les traces des événements du passé : présent seulement chez les hommes, il n’échange pas ses gènes avec d’autres chromosomes. Leur expérience a porté fruit lorsqu’ils virent apparaître sur une carte de la fréquence de ces marqueurs le chemin de cet ancien peuple.

En unissant leurs découvertes avec celles d’archéologues et de linguistes, il peuvent tracer l’origine de l’agriculture dans cette région à une migration remontant à 2000 ans. Un peuple de l’est de l’Afrique parlant un dialecte typique du sud du Nil, affirment les chercheurs, s’est déplacé à cette époque vers le sud, apportant avec lui l’agriculture et la domestication du bétail.

La diffusion de l’agriculture et de la domestication des animaux du Proche-Orient vers l’Europe pendant le néolithique est très étudié, mais son équivalent africain restait mystérieux. Des fouilles archéologiques avaient démontré que le sud de l’Afrique connaissait l’agriculture avant la dernière grande migration connue : celle des Bantus il y a 1500 ans. La provenance de ces connaissances dans cette région restait un mystère…. Les peuples de l’époque avaient-ils simplement enseignés leurs techniques à leurs voisins du sud ou bien y avait-il eu une migration antérieure, encore inconnue? Il aura fallu unir la génétique à l’archéologie pour trancher le débat…

Wednesday, August 13, 2008

La pilule ou la parole : lutte en psychiatrie

Version originale d'une capsule soumise à l'Agence Science Presse

Ce n’est pas une surprise : en psychiatrie, de plus en plus de médicaments sont prescris. Toutefois, une nouvelle étude américaine indique que cette hausse de popularité se fait aux dépends de la psychothérapie. La part de psychiatres unissant une thérapie orale à la médication diminue et ceux prescrivant seulement ces derniers sont plus nombreux. Si l’amélioration des médicaments psychotropes et la formation de psychiatres avec de nouvelles mentalités explique cette hausse, la situation découle aussi de considérations financières. Aux États-Unis, un psychiatre est payé plus cher pour 3 visites de 15 minutes pour prescrire un médicament que pour 45 minutes de psychothérapie. Ramin Mojtabai, auteur de l’étude, met en garde les psychiatres futurs; leur profession doit garder l’équilibre entre la médication et la psychothérapie.

Thursday, July 31, 2008

La dernière leçon du professeur Pausch

Article rédigé pour l'Agence Science Presse

Randy Pausch est mort ce vendredi, 25 juillet 2008 : la nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre sur le web. L’enregistrement de sa « Dernière Conférence » sur la façon de réaliser ses rêves fait le tour de l’Internet depuis l’automne 2007. Après un mois, on comptait plus d’un million de visionnements. Au printemps 2008, ce nombre atteignait les dix millions.

Le vidéo fait exception dans le monde des échanges de fichiers : pas de bébés rieurs ou de vedettes saoules. Simplement, pendant plus d’une heure, un homme s’adresse à une salle emplie d’étudiants et de professeurs sur sa façon de réaliser ses rêves d’enfance.

Par tradition à l’université Carnegie Mellon, un professeur se voit proposer le thème « si vous n’aviez qu’une dernière conférence à donner, quelle serait-elle? ». Lorsque Randy Pausch professeur d’informatique et spécialiste de la réalité virtuelle s’est présenté devant son audience, cette question devenait littérale… Son cancer du pancréas était entré en phase terminale et il ne lui restait que 3 à 6 mois à vivre en santé.

L’homme est pourtant l’image même de la vie. Plein d’entrain, Randy Pausch évoque son enfance, son parcours d’étudiant et de professeur; ses rêves et ses projets : travailler pour Disney, expérimenter l’apesanteur, être le capitaine Kirk, jouer dans la NFL. Parfois la morale est explicite, parfois elle se fait discrète. Les leçons qu’il enseigne ne sont pourtant pas révolutionnaires. C’est sa sincérité qui met Randy Pausch à part. Face à sa mort, il se plonge dans sa vie pour transmettre une part de sa sagesse. À travers ses expériences, il discutera de persévérance, d’honnêteté, de reconnaissance. « Les murs de briques sur notre chemin nous permettent de montrer à quel point nous désirons quelque chose » dira-t-il.

Son message visait ses pairs et collègues, ses proches et surtout ses enfants : Dylan, Chloe et Logan. Mais le vidéo de la Dernière Conférence de Randy Pausch s’est échappée du seul monde universitaire et a fait son chemin sur Youtube. Les témoignages, les dons et les invitations ont afflué.

Pausch, en collaboration avec le journaliste Jeffrey Zaslow a écrit un livre, The Last Lecture, sur son histoire. ABC a réalisé une émission d’une heure sur le sujet et Randy Pausch a donné une version abrégée de sa conférence à l’émission d’Oprah Winfrey. Entertainment Arts a créé une bourse pour les femmes en informatique portant son nom et l’université Carnegie Mellon bâtira en son honneur un pont reliant les pavillions d’informatique et d’arts dramatiques.

Mais le temps a donné raison aux médecins. Randy Pausch est décédé vendredi dernier auprès de sa famille, dans sa maison de Virginie. Non seulement le garçon de Pittsburgh a réalisé ses rêves à travers la science, mais il a passé les derniers mois de sa vie à propager son message. Plusieurs diront qu’il a laissé un monde meilleur que celui qu’il a trouvé.

Wednesday, July 23, 2008

À l’origine de la voix : les poissons

Capsule rédigée pour l'Agence Science Presse
Nos ancêtres lointains ont développé les bases de la parole alors qu’ils nageaient encore dans les océans, nous apprend le dernier numéro du magazine Science. Tous les vertébrés partagent une série de neurones qui leur permet de produire des sons : le chant des oiseaux, le croassement des crapauds, le rugissement d’un fauve et la voix d’un chanteur d’opéra partagent ainsi la même origine. L’équipe de Andrew Bass a fait cette découverte en étudiant la vessie natatoire du poisson-crapaud, une sorte de ballast d’où ont évolué nos poumons. Ce poisson utilise son organe empli d’air pour produire un chant nuptial. En étudiant le développement des neurones qui le contrôle, les chercheurs ont découvert que ceux-ci sont analogues aux neurones qui permettent aux vertébrés terrestres de produire des sons.

Un seul ancêtre pour les chevaux blancs

Capsule rédigée pour l'Agence Science Presse
Les chevaux blancs, avec ou sans prince sans charmant ont la cote. Le secret de leur couleur est dévoilé dans la revue Nature Genetics du 20 juillet. Une équipe de chercheurs de l’université d’Uppsala a découvert une mutation qu’ils attribuent à un cheval ayant vécu il y a des milliers d’années, l’ancêtre de tous les chevaux blancs. Cette mutation épuise la production de cellules de la peau et entraîne la perte de coloration prématurée des poils. En effet, un cheval ne naît pas blanc : il « grisonne » à partir d’un an, puis vers 7 ans sera complètement blanc. Malheureusement pour les blancs équidés, la mutation dérègle aussi la production de mélanocytes et augmente les risques de cancer de la peau : les trois quarts des chevaux blancs développeront un mélanome.

Wednesday, July 16, 2008

Recette pour une tomate géante

Rédigé pour l'Agence Science Presse

Avec l’arrivée de l’été, les étalages des supermarchés se remplissent de tomates bien rouges, de toutes formes et de toutes tailles. Les plus grosses tomates domestiques peuvent être 1000 fois plus massives que leurs consœurs sauvages. La revue Nature annonce que le responsable de cette disparité vient d’être identifié : une mutation dans le génome des tomates cultivées.

Les fruits géants de la famille des solanacées créés par cette mutation n’ont rien à voir avec des tomates tueuses du célèbre film de série B. C’est le gène (fw2.2) chargé de limiter le nombre de carpelles qui a été désactivé au fil de l’évolution. Ces parties femelles de la fleur se transformeront en un « compartiment » dans le fruit. Résultat, les compartiments sont multipliés et on obtient les impressionnants fruits rouges de nos supermarchés.

D’autres mutations sont apparues dans les potagers au cours de l’histoire. Les amateurs de sauce connaissent bien la version « italienne », plus allongée. En mars 2008, une équipe américaine a découvert que c’est la mutation d’un gène (SUN) qui leur retire la belle rondeur des tomates sauvages.

Ce ne sont que les derniers exemples d’efforts à travers le monde pour comprendre la façon dont le génome des différentes espèces de tomates déterminent leurs traits. Cela dépasse le désir d’obtenir un plus beau potager que son voisin : avec ces découvertes en main, les généticiens pourront élaborer des croisements de variétés qui donneront des fruits plus nutritifs, résistants au climat ou aux maladies.

Quand l’électricité entre par la fenêtre

Capsule rédigée pour l'Agence Science Presse

Si les panneaux solaires sont une source d’énergie renouvelable et peu polluante, ils ont le défaut d’être encombrants et de bloquer la vue. Qu’à cela ne tienne, ont démontré les ingénieurs du MIT en transformant une vitre en capteur solaire. La revue Science révèle dans son plus récent numéro leur secret. Les véritables capteurs solaires sont en réalité cachés le long de la tranche de la fenêtre. En surface, la vitre est elle-même dotée d’une fine couche de teinture, déposée par évaporation. Cette couche transforme la vitre en loupe géante : les molécules de la teinture capturent l’énergie solaire et la redirige à travers la fenêtre vers les capteurs à haute performance. Cette invention permet de rêver à des immeubles du futur générant leur électricité grâce à leur façade vitrée.

Ampoules fluocompactes : les risques du mercure sous contrôle

Capsule rédigée pour l'Agence Science Presse

Les ampoules fluocompactes sont efficaces et consomment peu d’énergie, mais elles possèdent un défaut. Elles contiennent une petite quantité de mercure, un métal potentiellement toxique. Même si cette quantité est faible, un bris de l’ampoule le laisserait s’accumuler dans l’air. Une étude publiée dans Environmental Science & Technology présente une solution : une « éponge moléculaire » pour mercure, faite de sélénium. Des chercheurs ont découvert la capacité qu’on les nanoparticules de sélénium d’absorber les vapeurs de mercure. On imagine déjà des sacs de récupération qui en seraient enrichise en nanoparticules de sélénium. En cas de bris, il suffirait d’y déposer les débris de l’ampoule pour éviter tout risque de contamination. Pour les usines de fabrication d’ampoules fluocompates, il serait possible de créer des couvertures imprégnées de sélénium que l’on étendrait sur le site d’un accident.

Le verdict : un pianiste est irremplaçable

Capsule rédigée pour l'Agence Science Presse
Ce n’est pas demain qu’on verra des ordinateurs au piano dans les salles de concert. De nouvelles recherches démontrent que la touche d’émotion ajoutée par un pianiste dans une composition suscite un effet physiologique mesurable chez ceux qui l’écoutent, contrairement à la même pièce, jouée par un ordinateur. Le doigté d’un virtuose sait susciter l’émotion du publix en le surprenant avec ses jeux de tempo et de volume. Les chercheurs ont mesuré la conductivité de la peau – un moyen sûr de mesurer la réaction émotionnelle – ainsi que l’activité cérébrale des mélomanes-cobayes. Non seulement la conductivité de la peau augmente-t-elle lorsqu’un pianiste ajoute sa touche personnelle à un accord, mais le traitement logique des sons par le cerveau également. Ils en ont conclu que l’émotion ajoute de l’information dans la musique, faisant appel à notre côté analytique.

Thursday, July 10, 2008

De l’origan pour remplacer le cannabis

Article rédigé pour l'Agence Science Presse

La cuisine italienne, un palliatif au cannabis? L’origan ne le remplacera pas comme drogue, mais il pourrait s’y substituer dans les hôpitaux. Des chercheurs allemands et américains ont trouvé dans l’origan un composé connu du cannabis; un anti-inflammatoire potentiel pour le traitement de l’athérosclérose et de l’ostéoporose.

Le bêta-caryophyllène est commun au cannabis et à l’origan, mais aussi à la cannelle, au poivre noir et aux feuilles de cari. L’équipe d’Andreas Zimmer a découvert qu‘il possède des propriétés anti-inflammatoires comparables au cannabis, mais sans effets psychoactifs.

Depuis 2005, l’extrait de cannabis Sativex® est utilisé au Canada dans le traitement de la douleur dans la sclérose multiple, mais son utilisation demeure controversée. C’est que les carrabinnoïdes (dont le plus connu est le THC) présents dans la plante ne diminuent pas seulement l’inflammation. Elles bloquent l’action de deux protéines de notre corps : CB1 et CB2. L’effet sur CB2 atténue la douleur, mais bloquer CB1 cause les effets psychotropes du cannabis. Si les utilisateurs de drogue recherchent ce dernier, les médecins tâchent de l’éviter...

Le bêta-caryophyllène, principal carrabinnoïde de l’origan, n’agit lui que sur CB2. On garde l’effet anti-inflammatoire, mais sans le « buzz » du cannabis. Les bénéfices de cette molécule dépassent l’éprouvette; ils sontdéjà confirmés chez la souris. Reste maintenant à les vérifier chez l’humain. Une diète bien planifiée pourrait même fournir des quantités suffisantes de bêta-caryophyllène pour éviter, chez certains, l’utilisation d’extraits de plantes ou de médicaments antidouleur.

Wednesday, July 9, 2008

Une (autre) bonne raison de siroter son vin rouge

Article rédigé pour l'Agence Science Presse

Voilà une nouvelle qui rendra les amateurs de barbecue heureux. L’accord traditionnel vin et viande rouge n’est pas qu’une question de goût, annonce Joseph Kanner dans le Journal of Agricultural Food and Chemistry. Les chercheurs ont à la fois identifié un problème et sa solution. Dès son arrivée dans l’estomac, la viande rouge est source de plusieurs oxydants, sources potentielles de maladies cardio-vasculaires ou de cancer… Mais une coupe de notre élixir écarlate favori bue en mangeant jouera un rôle de protecteur.

Qui dit viande rouge dit fer libre et lipides bien gras; le mélange semble anodin, sauf pour les amateurs de régime. L’équipe de Joseph Kanner a découvert qu’une fois mélangés dans l’estomac, fer et lipides produisent des lipoperoxydes. On savait qu’ils pouvaient causer des dommages à l’organisme, mais on vient de prouver qu’ils se forment directement dans l’estomac, avant même l’absorption des nutriments dans l’intestin. Encore une fois, la panse des gourmands joue en leur défaveur.

Dans l’estomac, les lipoperoxydes oxydent des constituants des cellules, engendrant des composés toxiques. Les chercheurs ont tâché de trouver une façon d’annuler les dangers de ces oxydants. Leur antidote : le vin rouge. Ses polyphénols, antioxydants efficaces, annulent dès le départ l’effet des lipoperoxydes.

Déjà en 2001, on avait observé que les polyphénols du vin rouge protégeaient des oxydants de la cigarette… mais seulement en absence d’alcool. Heureusement toutefois pour les amateurs, même alcoolisé, le vin peut aider à protéger des défauts des gras du steak.

Tuesday, July 8, 2008

Les boulangers, futures victimes des gaz à effet de serre?

Les boulangers pourraient voir leur vie compliquée par l’augmentation des gaz à effet de serre. Une équipe de chercheurs allemands a conclu que le blé cultivé dans une atmosphère enrichie en CO2 donnera au final un pain de moins bonne qualité. Une atmosphère enrichie en CO2 modifie de façon importante la biochimie des plantes. Un niveau plus élevé de CO2 permet une plus grande croissance, mais le contenu en azote se voit diminué. Ce manque d’azote, ont constaté les chercheurs, fait chuter dramatiquement la quantité de protéines de gluten dans le blé. Malheureusement, ce sont elles qui permettent au pain de prendre un bon volume lors de sa cuisson en boulangerie. Pour tenter de compenser ce manque dans les cultures de blé d’Europe, il faudra doubler la quantité d’engrais azotés utilisés d’ici la moitié du siècle, prédisent les auteurs de l’étude.

Les nausées du matin protègent l’embryon

Capsule rédigée pour l'Agence Science Presse

Le numéro de juillet du American Naturalist contient une nouvelle qui réconfortera peut-être les femmes enceintes victimes de nausées matinales. Leur souffrance n’est pas vaine; ces haut-le-cœur et vomissements sont des mécanismes biologiques qui protége l’embryon. Ils apparaissent lors du premier tiers de la grossesse, la période où l’embryon est le plus sensible aux toxines et où le système immunitaire de la mère est le plus faible. Les odeurs de viande ou de légumes plus goûteux provoquent plus particulièrement les nausées. Or, dans la nature, ce sont justement ces aliments qui sont les plus susceptibles de contenir des parasites ou des poisons. C’est un bien étrange privilège que seuls les humains ont développé, puisque leur alimentation est beaucoup plus variée que la grande majorité des animaux, même les primates.

Une molécule au bois dormant

Capsule rédigée pour l'Agence Science Presse

Blessé par l’explosion d’une mine, plusieurs litres de sang perdus, le caporal Éric Bédard sort d’une boîte métallique une seringue dont il s’injecte le contenu. Sa respiration ralentit, ses yeux se ferment, son visage prend une expression neutre : il est en état d’hibernation chimique et survivra ainsi jusqu’à l’arrivée des secours. Le sulfure d’hydrogène contenu dans la seringue a réduit la demande de son cerveau en oxygène, le faisant passer en mode « économie d’énergie ». Pure fiction? Le biologiste cellulaire Mark Roth a montré dans l’édition de juillet du Journal of Trauma Injury, Infection, and Critical Care que des rats ayant perdu plus de la moitié de leur sang auraient trois à quatre fois plus de chances de survie avec l’injection de cette « drogue de l’hibernation ». Elle pourrait sauver les blessés sur les lieux d’accidents ou dans les zones de combat si cette découverte peut être appliquée à l’humain.